Une fausse-couche pleine de grâce

Fausse-couche

Il est parti comme il est venu, sans avertir ni même demander notre avis. Sa vie a eu lieu, programmée d’une mort précoce. Qui aurait pu savoir? Nous qui l’imaginions déjà courir nu pieds dans l’herbe…

Une histoire toute petite, trop courte, qui restera éternelle dans nos souvenirs. Je commençais juste à me faire à l’idée que déjà mon ventre est privé de sa vie. Sa vie qui hier encore poussait en moi et nous ouvrait tous les possibles.

Comme je voudrais y retourner et tout faire autrement. Je voudrais avoir su déjouer l’inévitable. Mais la vie a eu lieu et elle s’est éteinte, tout simplement, sans douleur, sans martyres, juste comme ça, parce que ça arrive.

Un petit cœur qui s’arrête après un dernier battement.

Je l’ai senti dès mon réveil.

Sa présence ne vibrait plus en moi.

Le silence dans mon ventre.

L’absence, le vide.

Deux jours de doutes à supplier la vie pour qu’elle vibre à nouveau.

Deux jours à le chercher en moi et à ne plus le trouver.

« Je ne le sens plus. Il n’est plus là. »

Ben là ! Tu me niaises.

Qu’il m’a dit.

Silence, toujours le silence.

L’échographie.

Les cris de mon intuition implorant la science. Dire que je riais de moi-même dans la salle d’attente, j’étais là à me dire que je faisais cette écho pour rien et que tout serait parfait. Mais non, tout n’était pas parfait, loin de là. J’avais raison d’être là et mon intuition, bien que cruelle, était la bonne. Mon bébé ne vibrait plus parce qu’il venait de mourir deux jours plus tôt, à dix semaines et deux jours.

« Life is a bitch ! »

J’ai dit cette phrase en boucle sur tout le chemin du retour. Elle résonnait dans ma tête comme un mantra de résistance. Comme si en insultant la vie j’allais peut-être pouvoir la déjouer et réanimer la vie en moi. Figée par l’annonce de la mort dans mon ventre. D’un seul coup tous les rêves et les visions qui s’effacent. La vie d’avant qui refait surface, avec une blessure de plus à porter.

Un jour il devra sortir, mais pas tout de suite.

Pas question de le déchirer par curetage. Pas question de précipiter les choses. Mon bébé vient de mourir et je veux le bercer encore. Il sortira quand mon corps et mon cœur seront prêts. Je n’ai pas eu de pouvoir sur sa vie, mais j’aurai au moins le pouvoir sur la grâce de sa mort.

Je l’attendrai le temps qu’il faut. Je ne suis pas prête à le laisser partir. Hier, tous les possibles de ma famille de six existaient. Je me voyais avec mes quatre enfants, je nous voyais briller tous ensemble. Je pensais même à un cinquième enfant. Et voilà qu’aujourd’hui tout cela n’existe plus, qu’il ne reste que la petite suite des choses avant que son histoire, une toute petite histoire, ne soit qu’un doux et amer souvenir. Je veux la vivre à fond son histoire, même si elle n’est pas celle que je voulais. Je veux le pleurer, mon bébé, tout en lui berçant ses adieux.

L’annoncer aux enfants.

Ils ont l’âge de comprendre, dix-sept, treize et cinq ans. Nous leur dirons simplement, au bon moment. Attendre le bon moment. Se rendre compte qu’il n’y en aura pas, et briser leur innocence à jamais.

« Le bébé dans mon ventre est mort. Son cœur a arrêté de battre. Nous n’aurons pas de petit frère ou petite soeur en septembre. C’est ainsi. Ça arrive parfois. »

Pleurer en famille. Calmer les cris de la plus jeune qui ce soir-là veut mourir, pour aller rejoindre le bébé. Honorer la vie de mes trois enfants bien vivants, et trouver dans leurs yeux la force d’accepter l’épreuve.

Raconter la mort comme un poème pour endormir ma plus jeune, et pleurer à mon tour sur l’épaule de mon grand, qui me dira avant de m’endormir:

« Tu vas en avoir un autre bébé maman et celui-là il va naître en vie. Tu vas voir ! Tu es encore à des milles de ta ménopause. Tu as du temps en masse et moi j’en veux un petit frère ! Tu vas en avoir un autre bébé maman. Ça va aller. »

J’aurais voulu lui crier « Mais je ne veux pas d’autre enfant ! Je voulais celui-ci, en santé et vivant. »  Or, je n’ai rien dit et j’ai reçu ses mots venant du cœur comme un baume qui me soufflait de garder ma foi.

Je venais tout juste de lui ouvrir mon cœur pour vrai à ce bébé, et voilà qu’il est mort et que je dois l’accoucher. Moi qui pensais accoucher la vie dans la chaleur de septembre, au lieu, j’accoucherai la mort dans le froid de mars.

Faire face à la banalité

« Ce n’est pas vraiment une mort in-utéro, en fait, avant vingt semaines on parle plutôt d’une grossesse arrêtée. »

Je n’ai rien dit quand le médecin m’a dit ça, j’étais trop figée par la surprise de la mort. Quand même, cette phrase à elle seule exprime bien à quel point les fausses-couches, même tardives, sont banalisées par le paradigme médical.

Après onze semaines et quatre jours à fabriquer et porter mon bébé, dont neuf jours à le porter mort, ce que les livres décrivent comme un produit de conception est à mes yeux mon quatrième enfant.  Pour moi il a bel et bien existé, il sera aimé bien au-delà de sa mort et jamais je ne l’oublierai.

Cet enfant, j’ai rêvé à lui et je l’ai senti poussé en moi dès son implantation, et à chaque instant par la suite. J’ai profité de chaque jour de cette grossesse comme une bénédiction héritée d’un miracle. On venait d’entendre son cœur quatre jours plus tôt, puis il est mort, comme tous les rêves qu’il apportait, et je l’ai accouché.

Je sais bien que cet accouchement est une fausse-couche aux yeux des médecins. Mais à mes yeux à moi, le 6 mars 2018, de midi à minuit, j’ai bel et bien accouché de mon quatrième bébé, un enfant que je ne verrai jamais grandir.  Ce jour-là de ma vie j’ai accouché la mort comme une grande, seule dans mon lit, avec une grâce que je ne me connaissais pas encore.

Douze heures pour accoucher la mort.

J’ai placé le misoprostol dans mes joues à midi. Il a fondu là pendant une heure, puis je l’ai avalé. Déjà après une heure, les contractions ont commencées. Mon corps et mon cœur étaient prêts à le laisser partir.

Après neuf jours à porter consciemment mon bébé mort et à lui bercer ses adieux, mon ventre commençait à contracter et j’ai eu envie de l’aider un peu. J’ai accepté l’aide de la science, encore une fois.

Oh j’aurais pu attendre encore, ça ne m’aurait pas dérangé. Mais comme nous partions en voyage je ne voulais pas prendre le risque d’accoucher mon bébé ailleurs que chez moi. Je sentais que si je ne faisais rien, j’allais peut-être accoucher dans l’avion, où là-bas au beau milieu de la jungle.  J’ai donc choisi d’intervenir un peu et d’encourager mon corps à accoucher. Ça s’imposait comme une évidente logique pour le rêve d’enfant tant attendu de mon fils (malade). Pour ma famille, j’ai sacrifié mes valeurs et j’ai accepté l’aide de la science. Je sais que j’ai fait le bon choix, car ça a fonctionné et j’ai eu un accouchement parfait, guidé par la grâce et la sagesse de l’instinct.

Un vortex doux, cru et plein d’amour.

J’ai eu des contractions tout l’après-midi. Je suis restée couchée et j’ai beaucoup pleuré. J’ai prié, j’ai médité, et j’ai aimé mon bébé. Je lui ai répété mille fois comme un mantra :

« Je t’aime mon bébé, je t’aime. »

Il y a eu quelques bains, la trame sonore du film « Le premier cri », ma médaille de Marie avec Jésus, l’autel de fleurs et de chandelles au bout de mon lit, il y a eu ses bras, son torse, ses baisers. Il y a eu nous, la vie et la mort.

Après le deuxième bain, tout s’est arrêté. J’ai eu peur que ça ne fonctionne pas. J’ai eu peur d’un curetage. J’ai pensé au pire. Je lui ai dit :

« Vient mon bébé, il faut que tu viennes. »

Dans notre lit on s’est collés, j’ai pleuré, encore, puis on a fait l’amour une dernière fois avec lui en moi. Un moment d’adieu ultime, parfaitement uni, pour lui dire combien on l’a aimé et qu’on l’aimera toujours. On s’est pardonné pour sa vie perdue et on a fait la paix pour accepter la mort, ensemble.

Pendant que mon chéri allait chercher la plus jeune à la garderie, j’ai pris un troisième bain. Je n’avais plus de contraction depuis une bonne heure. J’ai mis mes mains sur mon utérus tendu et dans un souffle conscient j’ai poussé un peu et les premières gouttes de sang sont sorties. Là, j’ai su que ça allait marcher.

« Je suis puissante. Je vais le faire, ici, chez moi, en famille, et tout ira bien. Mon corps et mon coeur sont prêts. Je t’aime mon bébé.»

À cinq heures le soir, je me suis retrouvée seule dans ma chambre. Mon chéri avec les enfants, moi avec moi, avec ce que seule moi peux faire, accoucher de mon bébé mort.  Je suis allé à la table pour manger un peu. J’étais altérée. Mon grand et mon chéri ont ri de moi à un moment, ils ont dit que ce que je disais ne tenait pas ensemble. J’ai souri à mon tour et j’ai pensé que c’était bon signe. Je suis retournée dans mon lit.

Une naissance en quatre temps

Après les premières gouttes de sang, la suite est presque sans douleur physique. Il y a d’abord eu la rupture des eaux. Le liquide chaud a coulé entre mes jambes. J’étais prête. J’avais mis des piqués dans mon lit, je savais que ça allait être juteux ! J’avais déjà mis ma jupe et enlevé ma petite culotte.

Il y a eu beaucoup de liquide quand même, ça m’a surprise. Puis il y a eu du sang, beaucoup de sang. J’ai rempli au moins trois gros piqués, mais puisque je me sentais bien et que le flot semblait normal, je n’ai pas eu peur.

Autour de sept heures, mon chéri est entré dans la chambre avec un paquet reçu ce jour-là par la poste. Pourtant, il ne me l’a amené qu’à ce moment précis. Je l’ai ouvert et j’ai trouvé une lettre de mon amie Catherine, une sœur de lunes qui vit à des heures de route de chez moi. Sa lettre venait avec un bracelet tissé à la main au centre duquel il y avait une perle. Dans sa lettre, Catherine écrivait que la perle était mon bébé. Je l’ai attaché à ma cheville.

Puis j’ai placé ma main sur mon ventre. D’instinct, j’ai appuyé un peu, comme une envie soudaine de me palper-masser l’utérus. Là, comme un gros « pop », un gros caillot de sang est sorti d’un seul coup. J’ai senti mon retour. Je n’ai pas voulu regarder tout de suite. Je sentais que bébé était là, je crois. Après quelques instants, j’ai exploré ce qui venait de sortir de moi. Mon bébé était là, il était né avec ses membranes enveloppé dans un caillot de sang. Au début, j’ai cru voir des morceaux de lui et j’ai eu très peur.

« Je ne veux pas qu’il sorte en morceaux. Je ne veux pas qu’il se déchire. NON !!! »

Je me suis dit que ce n’était surement pas le bébé, je l’imaginais vraiment plus gros que ça après tout. L’application sur mon iphone disait qu’il était aussi gros qu’une prune à ce stade !  (Quelle merde ces applications, plus jamais.) J’ai donc mis cette première partie de l’accouchement dans un bol et j’ai choisi d’attendre la suite des choses.

Les contractions étaient douces, mais toujours présentes. Vers neuf heures je suis retournée dans le bain, où là, j’ai expulsé consciemment un autre gros caillot. En l’explorant, j’ai cru voir des vaisseaux de placenta. Ma logique m’a rappelé que le placenta ne sortait jamais avant le bébé, donc, je suis retournée à mon premier caillot où j’ai finalement trouvé mon bébé.

Minuscule, mais complet. Aussi long qu’un pétale de fleur. Sa tête comme une perle. Ses bras et ses jambes comme les fils d’un tissage à peine débuter. Son entrejambe qui la dévoile en fille. Si petite et déjà porteuse de tous les souvenirs de ce trimestre à la créer instant par instant, cellule par cellule.

Je l’ai déposée dans une petite boîte de métal, sur un petit coussin de soie. Si fragile, je l’ai placée délicatement les bras ouverts vers le ciel, pour imiter les ailes de son envol éternel. Je l’ai entourée de quelques fleurs et pétales, puis j’ai refermé la boîte. Nous la mettrons en terre quand le printemps sera là. J’ai aussi pris un Polaroïd que j’ai mis dans un cadre, elle y figure encore plus minuscule qu’elle l’était.  Pour moi cette photo est parfaite. Il faut s’approcher de près pour voir son petit corps gracieux et sa tête grosse comme une perle.

Après avoir refermé sa boîte et l’avoir mise au froid jusqu’au printemps, je ne saignais presque plus. Alors j’ai cru que c’était terminé et que tout était sorti, mais les contractions ont continuées et elles étaient plus fortes que jamais. Au début, j’ai mis ça sur le dos de ma tristesse, mais à minuit j’ai compris que je n’avais pas terminé de tout sortir quand un troisième gros caillot est tombé dans la toilette alors que j’urinais. J’ai plongé ma main dans l’eau aussi vite que j’ai pu pour attraper ce morceau de plus.

Là, j’ai pensé à toutes ces femmes qui vivent leur fausse-couche au-dessus d’une toilette et j’ai remercié ma conscience d’avoir vécu la mienne dans mon lit, avec mon bol et mes piqués. Pour moi c’était important de recueillir tous les « morceaux », et surtout le bébé, afin de faire son rituel d’adieu.

Ce dernier morceau était le côté maternel du placenta. Il parait que c’est la partie la plus risquée de ne pas sortir, que parfois quand les bébés meurent aussi tard dans le premier trimestre, cette partie-là reste collée à l’utérus et il faut aller la chercher avec un curetage. Quel soulagement de tenir cette partie dans mes mains.

Je savais qu’après ça c’était vraiment terminé. La preuve, les saignements ont cessés au minimum et la douleur a disparue. Je me suis couchée dans un lit propre et j’ai dormi jusqu’au matin.

Cette nuit-là j’ai rêvé à ma fille, elle se présentait à moi sous le nom de Perle Wisdom.

Lui donner son nom en famille

Au matin, je l’ai présentée aux enfants. J’avais peur qu’il ne la trouve pas belle, qu’il ne la voie pas comme la petite perle de sagesse qu’elle sera toujours à mes yeux.  Je voulais qu’il la trouve belle.

À mon plus grand bonheur, ils l’ont regardé avec respect et j’ai senti leur amour, j’ai senti qu’ils l’ont trouvée belle sur son petit lit de soie, entourée de fleurs. Ça m’a fait du bien de leur partager ce trésor qui encore hier, poussait en moi. Les filles lui ont aussi donné un prénom, Mila.

Elle s’appelle donc Mila-Perle Wisdom, c’est elle, je le sens. Je sais qu’elle approuve ce nom. Il vibre bien pour elle et tous les legs qu’elle nous a laissés au passage.

La mort avec grâce et sagesse

Donner la vie, c’est aussi donner la mort, qu’on espère au bout d’une longue vie heureuse. Je savais cette vérité, aussi crue soit-elle. Je l’ai vue la mort prendre le bébé de mon amie, B, à quarante semaines et six jours. Je sais qu’elle n’a aucune pitié la mort, quand elle se décide. Je sais qu’elle ne fait pas la différence entre une telle qui mange bien et fait du yoga et l’autre qui se pique au crack. Elle s’impose sans gêne là où elle est destinée et c’est ainsi, point final.

Je savais que mon bébé pouvait mourir en moi. Je ne suis plus naïve depuis un bout déjà. J’ai vécu assez d’épreuves dans ma vie pour savoir que les ciels sans nuages ne sont jamais à l’abri de l’orage.

« Comme il me manque mon ciel sans nuages à caresser mon ventre plein de vie. »

On n’est jamais préparé à marcher sur le chemin du deuil de son enfant à naître. Chacun le vit à sa façon, qu’il découvre en avançant.

Au début, le jour même de l’annonce, je me souviens avoir douté de ma capacité à survivre à cette nouvelle épreuve de la vie. Une épreuve qui là, venait m’atteindre au plus intime de ma féminité : ma capacité à créer et à donner la vie. Aussitôt, j’ai pensé à B et à toutes les autres, et je me suis dit que si elles avaient pu survivre au pire du pire (perdre un bébé à terme) alors moi j’allais survivre à cette histoire.

J’ai beaucoup pensé à B quand elle a enfanté son bébé sans vie. J’ai revu ses larmes qui coulaient sur sa joue avec une grâce toujours fidèle, même dans les semaines et les mois qui ont suivis, une grâce que je croyais impossible face à un tel drame. D’elle et de toutes les autres, je me suis inspirée pour être brave dans cette épreuve.

La première nuit à porter consciemment la mort je n’ai pas beaucoup dormi.  Au milieu de la nuit, j’ai pris un long bain où j’ai beaucoup pleuré, tout en remerciant mon bébé d’être venu, puis reparti. Je sais qu’il est parti parce qu’il n’était pas viable, et je ne voulais pas d’un enfant malade ou lourdement handicapé. J’ai déjà un enfant gravement malade et c’est assez pour moi, j’avais donc fait un marché avec lui et il m’a écouté, même si cela a fait mal. Si c’était à refaire, je referais le même « deal », parce qu’un enfant malade c’est déjà trop pour le cœur de deux parents. Grâce à ce bain dans le silence de la nuit,  j’ai fais la paix avec sa mort.

À mon réveil le matin suivant je savais que j’allais non seulement survivre à cette histoire, mais que j’allais aussi la vivre avec tout mon amour, ma confiance et ma conscience. J’ai su que je n’allais rien précipiter et que les choses se dévoileraient en leur temps, au bon moment.

J’aurais préféré aller à l’écho et qu’on me dise que tout était beau, que mon bébé était parfait. Mais la vie s’est dévoilée autrement et c’est correct aussi. Une femme sur quatre fera une fausse-couche au cours de sa vie. Je suis cette femme sur quatre, et c’est avec toute ma sororité que j’accepte ce sacrifice au nom des trois autres sœurs de lunes qui ne vivront jamais cette souffrance.

Transformée à jamais.

Dernièrement, j’ai porté la vie à nouveau, et comme j’allais l’annoncer au monde entier par l’entremise de mon blogue, mon bébé s’est éteint et j’ai accouché la mort. Une fausse-couche au-delà de dix semaines est exceptionnelle, parait-il, surtout si on a déjà entendu le cœur.  À croire que je suis une femme d’exception…

Après la lecture de ce billet vous comprendrez pourquoi j’ai été silencieuse dans les derniers mois. J’étais occupée à créer un bébé.

J’avais tout le temps faim et je dormais beaucoup, c’était magique et troublant à la fois, parce que ce n’était pas une grossesse planifiée, que j’ai un enfant gravement malade et que je devais ouvrir mon coeur à cet enfant qui s’imposait dans nos vies comme la plus évidente des vérités. Vous vous souvenez du billet sur la grossesse surprise ? Bien voilà, je l’avais aussi écrit pour moi ce billet ! Quand on a appris pour cette grossesse, mon chéri ma dit une phrase qui a tout changé et qui m’a aidé à accepté:

« C’est pas parce qu’on a un enfant malade qu’on n’a pas droit au bonheur. »

Malheureusement, mon bonheur de grossesse n’aura durer qu’un tout petit trimestre.  Une histoire qui se résume dans un billet de blogue (beaucoup plus long que prévu) que j’aurais préféré ne jamais écrire.

C’était  l’histoire  de Mila-Perle Wisdom, ma troisième fille.

Je ne sais pas combien de gens liront mon récit et ça m’est égal. Je suis seulement heureuse de l’avoir écrit parce que ça m’a permis de commencer le tissage de son histoire. Depuis elle, mon cœur n’a jamais été aussi ouvert. Mes larmes ne sont jamais loin et quand elles coulent, elles sont authentiques et pleines de grâce. Depuis elle, je veux un autre enfant plus que jamais depuis Emma, ma deuxième fille. C’était sa mission je crois, ouvrir mon cœur pour le prochain qui viendra.

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