Un nouveau-né trente jours seulement, le mois d’or profitez-en!

Dans quelques heures, ça fera trente jours que notre quatrième merveille est arrivée. J’écris ces mots au rythme de son souffle qui dort à mes côtés. Il y a un an, je portais mon bébé mort et j’attendais qu’il sorte par lui-même, et me voilà que ce matin en train de surfer sur le plus pur des bonheurs depuis un tout petit mois d’or. Comme quoi, il y a toujours de l'espoir. 

Saviez-vous que le bébé tout juste né a le statut de nouveau-né pour trente jours seulement ? Après, il passe au statut de nourrisson. Ce premier mois de vie est aussi appelé le « mois d’or ». Laissez-moi vous raconter l’hymne de ce mois de richesses.

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Le mois d’or

Le postpartum immédiat, c’est un espace hors du temps, un atterrissage, un apprentissage, et aussi, le début d’un éternel tissage.

 Il n’y a pas que le bébé qui naît avec une naissance, la mère aussi naît (renait), l’autre parent aussi et la famille en entier.

Je vous l’ai déjà expliqué, mais je vais le redire pour ceux qui ne m’ont encore jamais lu…

Quand une femme enfante, elle part dans un ailleurs, un espace métaphysique, pour chercher son bébé, le trouver et lui permettre alors de s’incarner à travers le vaisseau de son corps.  Quand l’enfant est ainsi trouvé par sa mère et qu’il décide enfin de plonger, de venir et prendre son premier souffle, c’est non seulement sa vie qui commence, mais tout l’univers qui s’ouvre et se réorganise. C’est ainsi qu’à chaque naissance, tous les possibles de la vie s’ouvrent à nouveau devant nous, nouvelle mère, nouveau père, frère, sœur, grand-parent, tante, oncle…

Le premier mois de vie est ainsi la suite logique de cette naissance/renaissance. Il marque les débuts, les premiers pas, d’une histoire éternelle. Peu importe ce qui arrivera dans l’avenir, chaque instant de ce mois d’or aura réellement existé et continuera toujours d’assurer les premiers piliers de cette histoire d’amour entre la mère et l’enfant, l’enfant et sa famille. 

Le mois d’or, c’est un apprentissage de chaque instant, une découverte perpétuelle. Et si parfois la traversée semble éternelle, c’est quand on arrive au bout qu’on réalise qu’il est passé trop vite. C’est pour ça qu’il importe d’en être totalement conscient et qu’il importe de tout mettre en place en prénatal pour arriver à le vivre pleinement. Après, impossible d’y retourner.

Le mois d’or : le terreau des premières tiges de la vie

C’est dans ce mois d’or que se jouent les premières fois de tout. Premiers regards, premiers instants peau à peau, premières tétées, premières nuits, premiers bains, premiers massages, premiers pleurs mystères, premiers sons en dormant… bref, tout est première fois de tout.

Dans ce mois d’or, à coup de premières fois de tout, se posent alors les premiers rangs du tissage de la relation entre l’enfant, sa mère et sa famille. Ce sont ces premiers rangs qui alignent le tissage du début de la vie.

Toutes les tricoteuses et tisserandes de ce monde vous le diront, si les premiers rangs sont bien partis, la suite de l’œuvre sera plus facile à réaliser. Mais si au contraire les premiers rangs sont négligés et mal alignés, la qualité de l’œuvre en sera forcément affectée. Voici à quoi sert ce mois d’or postpartum, à bien aligner les premiers rangs du tissage de la relation entre l'enfant, sa mère et sa famille. 

Bien sûr, la résilience et la bienveillance peuvent rétablir à peu près n’importe quel tissage anarchique de ce premier mois d’or, parce que l’humain arrive à survivre et à guérir à peu près de tout. Mais si on a la chance et l’espace de bien préparer et vivre ce premier mois de vie avec son nouveau-né, c’est de loin le meilleur des départs.

Alors que la grossesse est le premier terreau de notre vie physique et psychique, il est logique d’affirmer que le premier mois de vie contribue au tout premier terreau de notre vie terrestre.

Comme petit humain nouveau, traverser chaque instant nouveau de son premier mois sous l’hymne du mois d’or permet un départ en douceur et en confiance dans sa vie.

« Les bébés africains ne pleurent pas »

Ce dicton célèbre  s’est fait connaître sur la toile par  la Kenyane Claire Niala, ici.  En gros ce que ça nous dit c’est qu’en Afrique les bébés ne pleurent presque jamais parce que leurs mères sont toujours en proximité avec eux, et, qu’au moindre petit couinement de bébé, sa mère le met au sein. Il n’y a pas de calcul de temps entre les tétées ni de peur de trop le gâter. Un bébé, ça doit simplement être porté, bercé et nourrit abondamment.  Si on suit cette recette instinctive, alors les bébés ne pleurent pas.

Je suis entièrement d’accord avec cette façon d’approcher les besoins d’un nouveau-né. Rappelons que le nouveau-né est le mammifère qui naît avec le cerveau le moins développé. En effet, le cerveau de l’enfant continue de se développer de façon phénoménale au cours des trois premières années de sa vie. Il va donc de soi, de lui assurer un maternage intuitif de proximité au cours de cette période critique.

Votre bébé dort et commence à faire des petits sons ? Mettez-le au sein !

Surtout, n’attendez pas qu’il se mette à hurler, nul besoin de lui faire vivre une telle détresse psychologique. Il lèche ses lèvres ou fait le pic-bois avec sa tête ? Mettez-le au sein. Bref, quand vous voyez bébé faire comme sur cette vidéo, mettez-le au sein. Pas besoin de plus de signes que ça!

Cliquez sur l'image pour voir la vidéo.

Bref si vous allaitez, le sein est toujours votre meilleur allié!  Bébé pleure et vous ne savez pas ce qu’il a ? Mettez-le au sein. Il ne veut pas prendre le sein ? Alors peut-être qu’il a besoin d’uriner ou faire une selle, amenez-le en haut du lavabo ou de son petit pot si vous faites l’hygiène naturelle, ou laissez-le faire ses besoins dans sa couche et langez-le par la suite. Il pleure, sa couche est propre et il ne veut pas le sein ? Changez-le de position, bercez-le ou marchez un peu avec lui. Il continue de pleurer ? Isolez-vous en intimité. Parfois, quand les autres enfants sont trop excités, ou qu’on a de la visite depuis un petit moment déjà, si bébé refuse le sein et qu’il continue de pleurer c’est qu’il nous exprime simplement son simple besoin de calme. Si c’est le cas, allez vous étendre au lit avec lui, votre sein à sa disposition et bercez-vous dans cette intimité. Vous verrez, souvent il s’arrête instantanément de pleurer, prend le sein et s’endort.

Évidemment, ceci s'applique à des bébés en santé. Je ne nie pas l'existence des reflux gastro-oesophagiens et autres soucis qui peuvent rendre bébé si inconfortable qu'il est souvent inconsolable. 

Vous n’allaitez pas ? Offrez-lui le biberon collé contre vous aussi souvent que possible et collez le tout autant que si vous l’allaitiez. Je pense qu’un bébé nourri au biberon a plus souvent besoin du réconfort de la tétée que nous laissent croire les manuels et experts sur le sujet. Mais bon j'ai toujours allaité, alors qui suis-je pour en parler?

Bref, inspirons-nous des mamans africaines pour materner nos enfants. C’est bien de là d’où on vient tous non ? L’Afrique, le berceau du monde. Si on a survécu à l’évolution depuis tous ces millions d’années, c’est certainement davantage par le parentage proximal et intuitif que par les principes éducatifs rationnels masculins et déconnectés des besoins primaires de notre ère moderne.

Non, vous ne pouvez pas trop gâter, trop coller, trop allaiter, trop aimer et trop protéger votre nouveau-né. À l’opposé vous pouvez par contre le négliger et le rendre anxieux si vous le poussez à suivre un rythme qui n’est pas son propre rythme biologique et neuronal.

Soyons des mamans-louves africaines et nos bébés, ainsi que nous-mêmes, ne s’en porteront que mieux.

Le mois d’or en MAMATOTO

En Swahili, Mamatoto est un mot qui veut dire « mamanbébé ». Il nous rappelle que la mère et le bébé ne sont pas deux personnes séparées mais bien une dyade co-dépendante.  Ce qui a un impact sur la mère aura un impact sur le bébé et vice-versa. Ce qui est bon pour un est bon pour l’autre.

Il y a urgence de ramener ce mot à l’honneur dans nos sociétés modernes quand vient le temps de préparer et vivre la période postnatale.

Le mois d’or, entre le pur bonheur et les larmes

J’écris ces mots à quelques heures de terminer le premier mois d’or avec mon quatrième bébé, et, bien que je puisse dire que j’ai vécu un mois d’or optimal, je l’avoue, il y a eu des moments où j’ai pleuré et j’ai trouvé ça vraiment difficile de vivre ma renaissance de mère, de femme, et même de sage-femme!

La naissance d’une mère c’est intense, déboussolant et parfois même effrayant. Si en plus on n’a pas en place tout ce qu’il faut pour nous soutenir quand on perd nos repères, je vous jure qu’alors la détresse psychologique est à portée de main.

Ce mois d’or, je l’ai principalement passé au lit ou autour du lit. Je n’ai eu à cuisiner aucun repas. J’ai pris tous mes petits-déjeuners au lit. J’ai pris des bains à volonté, avec ou sans bébé. J’ai été massée. J’ai fait des bains de vapeur vaginal chaque jour. Je me suis sentie aimée, supportée et même honorée. Bref, pendant ce mois d’or j’ai été la reine de mon foyer, une Mamatoto dans son château. Et bien sûr, j’ai le bébé le plus calme, le plus facile et le plus zen du monde !

Mais malgré tout ça, par moment j’ai pleuré et j’ai trouvé ça dur. J’ai été épuisée. Je me suis questionnée, j’ai douté et hésité. J’ai trouvé que mon chéri n’en faisait pas assez alors qu’il faisait TOUT ! Je l’ai critiqué et pourtant il était parfait. Un soir même on s’est disputé, alors que tout le reste du temps c’était la parfaite harmonie. Ce soir-là, on était fatigués… tout simplement. 

Tout ça pour dire que même si j’ai eu un mois d’or idéal, plus qu’optimal, que mon chéri était là tous les jours et toutes les nuits au besoin, qu’il était parfait en tous points, que mes amies et ma famille m’ont supportée et gâtée de nombreux repas et suppléments dorés, il y a quand même eu des moments difficiles.

Seulement ces moments n’ont jamais duré longtemps. Quelques secondes ou minutes à chaque fois, pas plus, et cela parce que j’avais vraiment tout en place pour me retenir quand je perdais mes repères. Mon filet de support était fiable, bien tissé, solide et jamais loin.

À chaque fois que s’est arrivé je ne pouvais m’empêcher de penser à toutes ces femmes que j’ai vues, seules et non supportées par leur conjoint et leur entourage. J’imaginais leur détresse et mon cœur voulait pleurer à l’idée qu’elles n’avaient pas eu cette chance d’avoir un filet pour les rattraper quand elles tombaient en chute libre. « Il faut un village pour élever un enfant. » C’est tellement vrai.  Un autre proverbe africain, le berceau de l’humanité.

Parce que naître et renaître comme mère c’est intense et déroutant par moment, qu’on en soit au premier ou au sixième, il est primordial de bien préparer la période postnatale. Et plus on a d’enfants, plus le défi est grand et essentiel, je pense.

Ça n’a pas été facile pour moi de tout mettre en place d’avance pour rester un mois au repos et au rythme lent avec un nouveau-né et trois enfants entre six et dix-sept ans, dont le plus vieux a le cancer donc toujours plein de rendez-vous médicaux. J’ai travaillé et réfléchi beaucoup en fin de grossesse pour ça ! Mais j’ai réussi et je vous assure que ça vaut tous les efforts que vous devrez mettre en place pour y arriver.

Impossible de regretter un mois d’or vécu de façon optimale, où tout est mis en place pour honorer, nourrir et optimiser la dyade Mamatoto, et aussi, pour la rattraper rapidement quand elle ne tient plus toute seule.

Dans ces deux billets, je vous parle avec précision de comment organiser et planifier ce mois d'or en question:

10 règles d'or pour un postnatal idéal

En postnatal, repose-toi et colle-le ton bébé

Révolutionnons le mois d’or postnatal !

On parle beaucoup des 42 premiers jours, pour les six premières semaines du nouveau-né. C’est d’ailleurs après ça que le suivi sage-femme se termine au Québec. Mais si on entend souvent l’expression « les premiers quarante jours » on n’en dit que très peu de choses je trouve, mis à part du conseil classique « repose-toi et suis le rythme de ton bébé ».

Mais que se passe-t-il exactement dans ce mois d’or et ces premiers quarante-deux jours ? Comment évolue la dyade Mamatoto de jour en jour et de semaine en semaine ? Comment supporter cette dyade, la nourrir et l’honorer ? Et le couple là-dedans ? Et les autres enfants ? Comment trouver nos propres pas de danse pour vivre intuitivement cette naissance/renaissance comme mère, père, famille ?

Alors que j’en reviens tout juste et que je regarde avec nostalgie ce mois d’or qui vient de passer, trop vite à mon goût, je réalise encore plus à quel point il est primordial pour la survie et la santé mentale de notre espèce de bien de le préparer.

Le nouveau paradigme des naissances nous amène forcément vers une plus grande conscience de cette période critique importante du postnatal, et, je compte bien prendre part de cette révolution de conscience. C’est d’ailleurs pour ça que j’ai commencé à préparer une « préparation virtuelle pour un postnatal optimal » que je compte mettre en ligne d’ici l’été, entre deux tétées et séances de peau à peau !

Le mois d’or mène toujours aux premiers sourires…

En effet, même s’il est intense, magique, doux, romantique et déstabilisant à la fois, le mois d’or mène toujours aux premiers sourires interactifs de bébé. Ces sourires, j’ai toujours dit qu’ils sont notre première paye ! Comme pour nous dire « Maman, tu fais tout bien. Continue. Je t’aime. »

Sur ce, je vous dis à très vite et je vous souhaite une merveilleuse renaissance Mamatoto.

Me voici avec mon petit Emrys Wild, quelques jours avec la fin de notre mois d’or et au tout début de ses premiers sourires plus nombreux.

Cliquez sur l'image pour voir la vidéo.

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